Maquette de site - Brooklyn Canal - New york

De fablabo
Aller à : navigation, rechercher


Projet architectural dans le cadre d'une option de master 2 à l'ensa nantes

Maquette1.JPG

Contributeur·ice·s

Statut du projet

Fonctionnel

Statut de la publication

{{{status_pub}}}

License

CC-by-sa-3.0

Inspiration

Fichiers source

Outils

Ingrédients

Lien




L'objet réalisé est une maquette du quartier Gowanus à New York. Cette maquette a pour but d'accueillir notre maquette du batiment que l'on va concevoir.

Gowanus 2.jpg

Gowanus3.jpg

Explication du projet : Le Canal de Gowanus situé à Brooklyn est le plus pollué des États-Unis. Lieu de l’apogée de l’industrie new-yorkaise dans les années 1950, le territoire en début de mutation cumule aujourd’hui des problématiques d’ordres social, économique, culturel et environnemental. Le canal divise des quartiers résidentiels aux caractères sociologiques disparates. Chaque quartier tend à s’approprier les espaces industriels en reconversion proches du canal. Les espaces culturels et récréationnels sont quasi inexistants, accentuant le clivage des populations résidentes. Économiquement, Gowanus subit une forte pression immobilière. Le débat confronte une communauté de locaux attachés au caractère industriel singulier du canal et des promoteurs souhaitant développer des projets résidentiels accélérant un processus de gentrification mal contrôlé. Ces derniers ignorent la problématique de pollution de l’eau, laissant la gestion de ce problème à l’EPA (Environmental Protection Agency) par des mesures induites par le classement Superfund. Zoning Nous développerons un projet à l’échelle architecturale sur deux parcelles séparées par le canal. Bien qu’architectural, l’objet produit intègre des enjeux urbains. La parcelle à l’Ouest est vierge avec une topographie quasi nulle. La parcelle Est est quant à elle plus élevée où une ancienne centrale électrique en brique dite « Powerhouse » reste dressée, posant ainsi la question de la reconversion du patrimoine industriel. Enjeux urbains, réponses architecturales. Renaissance d’un rapport à l’eau Deux grands enjeux apparaissent. En premier lieu, la relation du quartier à l’eau du canal est substantielle à traiter. Le canal est lourdement pollué par des déchets industriels et subit plus d’une dizaine de fois dans l’année des rejets d’eaux usées, conséquence d’un réseau d’assainissement unitaire. Par ailleurs, des crues plus imprévisibles provoquent le débordement du canal sur ses alentours. Certains projets sont déjà en cours de construction. Sponge Park a pour vocation d’utiliser les espaces libres au bord du canal pour en faire des espaces tampons de rétention ainsi que de phyto-épuration. Par ailleurs, deux réservoirs de 45.500m3 (4 et 8 millions de gallions) au total permettront de stocker les eaux usées afin de retarder leur rejet dans le canal. L’idée est d’intégrer ces initiatives dans notre démarche de projet. Notre parti pris est de rendre notre parcelle ouest perméable, proposant en cas de monté des eaux, à la manière de Sponge Park, une surface plantée et filtrante permettant de résister, retarder et stocker l'eau de manière temporaire. L’intention du projet repose sur le fait d’« habiter » cet espace tampon. Ainsi, nous poussons plus loin l’idée d’un Sponge Park persuadé qu’il est possible de cohabiter avec la problématique d’inondabilité et par conséquent avec une nature marécageuse. Architecturalement, le projet se base sur une optimisation structurelle en posant le programme sur des plots, permettant ainsi la libre circulation de l’eau sur le reste de la parcelle. Initiation d’une redynamisation par le programme

Le deuxième enjeu repose sur le fait de répondre à un territoire urbain économiquement et socialement bouleversé pour initier une redynamisation autour du canal. La programmation se base sur des nécessités objectives explicitées dans des rapports et analyses officiels que l’on considérera comme un savoir acquis. À l’Ouest sur Bond Street, un volume propose du logement aux nouveaux habitants toujours plus nombreux, motivés par des prix attractifs. Au centre du projet, un lycée (high school) répond à la demande de scolarisation croissante, logique conséquence de l’exode Manhattanien. Le système éducatif américain est singulier. Les écoles publiques sont inexorablement occupées par une classe sociale économiquement plus démunie, ne pouvant s’offrir une scolarité privée, comme le font systématiquement les membres des classes sociales plus aisées. Le choix de créer une école publique est un postulat fort, car il inclut ainsi l’utilisation d’un équipement public par une classe sociale populaire dans un contexte urbain qui tend vers la gentrification. Ne pouvant remettre en cause le système scolaire américain (et donc la mixité à l’échelle architecturale), nous tentons cependant d’apporter une certaine mixité à l’échelle urbaine. Le lycée s’installe sur des plots structurels et dispose d’une relation particulière avec l’eau. Une auberge de jeunesse s’accole à la Powerhouse, devenant ainsi vecteur de mixité et proposant une alternative à la gentrification. En apportant un public jeune, curieux et dynamique, l’auberge propose une autre vision de New York, ne se résumant définitivement pas à l’image fabriquée de Manhattan. Brooklyn évoque davantage d’authenticité. Les hôtes participeraient à certaines tâches au service de la communauté (nettoyage, tri des déchets, entretien des plantes, etc...). Enfin, La Powerhouse est réinvestie en espace sportif tout en minimisant les transformations afin de conserver l’ambiance industrielle du bâti. Cet espace communautaire propose un espace récréatif accessible par la communauté. Les propositions programmatiques énumérées sont pensées comme un tout et fonctionnent par complémentarité. Les limites entre elles sont mouvantes. Ainsi, l’équipement scolaire disposera d’espaces appropriables par les habitants lors des périodes extrascolaires (espaces associatifs, amphithéâtre…) Bien que disposant de cuisines distinctes, l’équipement scolaire et l’auberge de jeunesse partagent un espace de restauration commun. Enfin, la halle sportive est le lieu par excellence de la mixité d’utilisateurs puisqu’elle est à la disposition du lycée, de l’auberge, et des habitants du quartier. Son usage est multi-temporel. La communauté d’habitants manifeste un besoin fort d’espaces récréatifs. L’un des deux tanks de rétention a pour projet de venir s’installer sous une piscine et des terrains de basket-ball plus au nord de notre parcelle supprimant ainsi ces commodités pendant une dizaine d’années (le temps du chantier), ce qui amplifie la demande. Parti pris d’un langage architectural. L’uniformisation architecturale à New York est un fait récurrent et particulièrement redouté à Gowanus. Le quartier est marqué par son passé industriel, son identité est forte, les habitants craignent le manhattanisme. Dans notre dessein, le langage industriel est primordial autant dans la forme que dans la matérialité. Les formes sont brutes, les matériaux sont inspirés de ceux préexistants. Humblement, l’auberge de jeunesse reprend la volumétrie de l’ancienne partie de la powerhouse aujourd’hui détruite. Les ouvertures sont identiques, c’est seulement en pénétrant à l’intérieur que l’on découvre l’aspect contemporain de l’intervention.